Rama Sithanen : "J'ai persévéré et le temps m'a donné raison"

L'interview de Rama Sithanen a été réalisée au bureau du ministre des Finances où il a répondu, de manière très détendue, à nos questions sur le budget.

J'ai l'impression que vous êtes plus à l'aise avec ce troisième budget qu'avec les deux précédents, Rama Sithanen.

C'est une fausse impression, car les trois budgets font partie d'une même séquence. Il y a un temps pour travailler la terre, un temps pour semer, un temps pour les premiers résultats et un autre pour les bons résultats.

Le dernier rapport du FMI, sorti hier, dit que sur 10 indicateurs économiques Maurice fait bien, voire très bien, sur 9. Le dixième, sur lequel nous n'avons aucun contrôle, c'est l'augmentation des prix des produits pétroliers et des produits alimentaires. C'est ce que reconnaissant tous les économistes, dont Pierre Dinan que Week-End avait interviewé juste après le Budget. Nous avons réussi à inverser la tendance économique et à faire revenir la croissance.

Ce retour de la croissance ne se voit-il pas plus dans les tableaux des statistiques que dans le quotidien du Mauricien ?

Pas du tout. Nous avons crée 10 000 emplois, dont 7 500 pour les Mauriciens : ça c'est une réalité. C'est en créant des emplois que l'on améliore les conditions du quotidien. Non seulement la croissance est de retour, mais elle est équilibrée et le chômage est en train de baisser, tout comme le déficit budgétaire et la dette par rapport à la richesse nationale alors que l'investissement est en train d'augmenter. Il y a certains qui donnent souvent des interviews...

... je fais remarquer que c'est vous qui commencez à parler de votre cousin Vishnu Lutchmeenaraidoo...

(rires)... ont dit que le nombre de semaines d'importation ont diminué en oubliant de préciser qu'il y a une énorme différence entre le coût d'une semaine d'importation il y a trois ans et aujourd'hui. Le baril de pétrole qui était de 39 dollars se vend aujourd'hui à 140 et que les prix des produits alimentaires a considérablement augmenté.

Êtes-vous conscient que le Mauricien moyen dit qu'il vit de plus en plus mal ?

Je ne suis pas d'accord avec vous, car je fréquente les Mauriciens...

... quel type de Mauricien fréquentez-vous ?

Tous les types de Mauriciens. Mais il est évident qu'il arrive souvent que ce sont les personnes qui sont en difficultés qui se font entendre, pas les autres. Voyons les chiffres : il y a 36 000 Mauriciens qui ne payent plus d'Income tax, et dont le pouvoir d'achat a augmenté. Il y a 25 000 autres Mauriciens qui payent moins d'Income Tax et nous avons crée en 3 ans plus de 30 000 emplois. Par ailleurs, nous avons augmenté les subsides sur le riz, la farine et le gaz ménager. Je suis d'accord que le "food price inflation" a augmenté, mais dans les autres pays, il est de 40% alors qu'à Maurice il n'est que de 15% grâce à notre politique économique. Nous faisons tout ce qui est possible pour minimiser l'effet des augmentations internationales des prix, sur la population mauricienne. Comme je l'ai dit à mon camarade Bérenger...

... Paul Bérenger est votre camarade !?

Oui. Il est la personne qui a le mieux caractérisé la situation économique du pays en 2005 en disant que Maurice était en état d'urgence économique, que la crise était dramatique et sans précédent. Nous avons eu le courage de prendre les décisions courageuses qu'il fallait pour inverser la tendance économique que décrivait Bérenger en 2005. Sinon, nous serions aujourd'hui dans la pire combinaison économique qui soit : la récession et l'inflation. Grâce à notre politique Économique, nous avons non seulement inversé la tendance, mais fait revenir la croissance.

Sommes-nous définitivement sortis de la zone économique dangereuse ?

Nous sommes sortis de la zone de la récession, mais nous devons prendre des mesures de précaution - nous l'avons fait dans le budget - pour faire face à une éventuelle récession au niveau international, dans le sillage des États-Unis. Nous avons dû faire un choix extrêmement difficile entre l'inflation et la récession par le biais de quelques mesures destinées à réduire l'effet de cette éventuelle récession.

On vous reproche de ne pas avoir pris suffisamment de mesures pour lutter contre l'inflation.

Bérenger m'a félicité sur certaines mesures en disant que je l'avais écouté et critiqué pour d'autres parce que je n'ai pas été assez généreux.

Certains observateurs trouvent que Paul Bérenger a été assez mesuré dans ses critiques. Pourquoi, selon vous ?

Parce qu'il est malin. Il sait que c'est un excellent budget. En privé, le MMM dit que heureusement que Sithanen a eu le courage de prendre les bonnes décisions afin que le pays prenne le virage économique nécessaire. En public, vous avez ceux qui, comme Bérenger, font des critiques soft et l'hystérique de service...

... je suppose qu'il s'agit de votre grand cousin qui vous a accusé d'avoir orchestré une dépréciation de la roupie avec pour résultat d'augmenter artificiellement les revenus de l'État et du secteur privé.

Les chiffres affirment le contraire : la roupie a apprécié ce qui pousse des opérateurs de la zone franche à parler de fermeture. Il faut dire à l'hystérique de service que la roupie ne peut pas apprécier et déprécier en même temps. J'en profite pour souligner que je n'ai aucun lien de parenté avec cette personne.

Merci pour cette précision. Hier, Maurice Vigier de la Tour disait que le secteur textile est sous un cyclone warning class 3. Est-ce de l'hystérie ?

Non. Mais il faut que l'on comprenne que le gouvernement doit prendre des décisions pour l'ensemble de l'économie pas seulement pour des secteurs spécifiques. Mes pires adversaires reconnaissent aujourd'hui que j'ai pris les bonnes décisions et que les résultats commencent a être perçus. L'appréciation de la roupie maintient les prix ou les font baisser pour le bien des consommateurs. Mais cette même appréciation affecte négativement la zone franche et le tourisme. Il faut essayer de trouver un juste milieu entre ces deux conséquences de l'appréciation et, croyez-moi, ce n'est pas facile.

Vous avez choisi la consommation aux dépens de la production ?

Pas du tout. C'est l'ancien gouvernement qui a mené la zone franche à la récession, pas nous. Hier la zone franche perdait des emplois par milliers, l'année dernière, elle avait un taux de croissance de 10%...

... mais depuis quelques mois les fermetures d'usines se multiplient...

... quelques-unes ferment, c'est vrai. Mais il faut regarder le problème dans son ensemble. Nous devons faire une politique économique pour l'ensemble du pays avec des mesures équilibrées et balancées. J'ai crée un fonds de Rs 500 millions - une grande première - pour aider les secteurs d'exportation, les petites et moyennes entreprises et les "domestic oriented industries" touchées par la baisse des tarifs douaniers. Cette baisse apporte Rs 1,8 milliards dans la poche des consommateurs.

Cette baisse touche les produits importés, souvent de luxe, pas les produits de base...

... ce n'est pas vrai...

... pas plus tard que ce matin (ndlr : jeudi matin) le directeur de Winners intervenant sur Radio One disait que la baisse des prix ne concerne pas les produits de base, ceux qui font partie du panier de la ménagère, mais des produits importés.

Vous allez me dire que les biscuits et les saucisses, par exemple, ne sont pas importantes pour une famille. Nos études prouvent qu'avec la baisse des duties, les ménagers vont économiser entre Rs 350 et Rs 500. Sur les produits de base dont vous parlez il n'y a pas de taxe. Alors expliquez-moi comment on peut enlever une taxe sur un produit qui n'est pas taxé !

Passons à autre chose. Pourquoi avez-vous fait voter un ESC d'avance. Quelle est l'objectif de ce "triquemardaye."

Ce n'est pas un triquemardaye. Certains économistes pensent que j'aurais du distribuer les dividendes de la récolte et de la croissance de manière différente. J'accepte cette critique, mais je ne suis pas d'accord. Ils pensent que j'aurais dû utiliser les résultats uniquement pour faire baisser le déficit budgétaire. Quand nous sommes arrivés au pouvoir le déficit était de 6% et je l'ai réduit à 3.8% en trois ans. J'ai préféré utiliser l'espace fiscal, que j'ai réussi à créer, pour investir dans l'avenir avec des fonds pour faciliter l'accès à l'éducation tertiaire ; l'île Maurice pays durable avec la réduction de la consommation d'énergie et la protection de l'environnement ; l'agrandissement de l'aéroport et la sécurité alimentaire. Quatre milliards ont été alloués à ces fonds pour préparer l'avenir. On critique ce qu'il y a dans ce budget mais on ne parle pas de ce que nous avons su éviter. C'est la première fois dans un cycle de 5 ans qu'un gouvernement n'augmente pas la TVA tout en payant la totalité du rapport du PRB. Rappelez-vous : quand Bérenger et Jugnauth ont payé le PRB la dernière fois, ils ont augmenté la TVA...

... peut-on envisager, un jour, de votre part, une interview dans laquelle vous ne parliez pas des mesures de vos prédécesseurs aux Finances ! Restons dans la liste de ce que vous auriez pu faire dans le budget : baisser d'un point la TVA afin que l'ensemble des Mauriciens profite directement des fruits de la croissance retrouvée.

Mon cher ami, il n'y a pas de TVA sur les produits de première nécessité, donc une baisse n'aurait produit aucun effet. Par contre, avec les baisses de duties de 30 à 15% les prix ont baissé sur certains biscuits et saucisses importés...

Je ne suis pas tout à fait sûr que les Mauriciens se nourrissent uniquement de biscuits et de saucisses importées...

... je vous donne les premiers exemples qui me viennent à l'esprit. Je pourrais également vous citer les baisses sur les tiles et les appareils électroménagers. Nous avons fait la démonstration qu'une réduction des imports duties est beaucoup plus importante pour la classe pauvre qu'une baisse de 1.5% de la TVA parce que beaucoup de produits alimentaires de base ne sont pas taxés. J'adore entendre les conseils pour baisser la TVA venant de ceux qui l'augmente quand ils sont au pouvoir !

On m'a demandé de vous poser la question suivante que je trouve pertinente : avec le dernier rapport du PRB le gouvernement n'est-il pas en train de créer deux catégories de travailleurs dans le pays ?

La manière dont on paye les employés du secteur public et ceux du secteur privé est totalement différente. Le secteur privé fait un ajustement tous les ans alors que le secteur public le fait une fois tous les cinq ans.

Cet ajustement annuel, qui n'a pas force de loi, n'est pas pratiquée par toutes les entreprises du secteur privé.

En général, les grandes firmes le font et d'autres vont plus loin en payant un 14ème ou un 15ème mois. J'ai fait un appel au secteur privé pour que ceux qui peuvent payer plus que ce que recommande le National Pay Council le fassent. Vasant Bunwaree et moi-même suivons ce dossier de près et essayons de convaincre les entreprises de leur obligation morale de le faire. Ceci étant, je dois dire que les petites et moyennes entreprises m'ont écrit pour me dire qu'elles n'ont pas les moyens de payer les recommandations.

Le fait est qu'il existe deux types de rémunération salariale dans le pays, avec dans le privé des entreprises qui ne sont pas logées à la même enseigne. Nous devons demander aux plus forts de payer plus et ne pas obliger les plus faibles à payer au risque de les conduire à la faillite. Il y a un équilibre que l'on ne peut trouver qu'à travers la discussion.

Il me semble que vous êtes bloqué sur un point, Rama Sithanen : vous ne voulez pas admettre que les fruits de la croissance ne sont pas récoltés par tous les Mauriciens, surtout ceux qui se trouvent tout au bas de l'échelle sociale.

Les fruits sont arrivés en bas avec la création d'emploi. Le meilleur antidote contre la pauvreté et pour améliorer les conditions de vie, c'est l'éducation et le travail. Nous créons 10 000 emplois par an, contre 4 000 avant nous et le chômage est en train de reculer. Nous avons aidé le pouvoir d'achat des Mauriciens autant que cela pouvait se faire.

Une autre question qu'on m'a demandé de vous poser : comment se fait-il que les augmentations budgétaires soient immédiatement appliquées par les commerçants alors que les baisses prennent un temps infini ?

Ma femme m'a posé exactement la même question...

... et qu'avez-vous répondu à Mme Sithanen ?

Qu'il semblerait que les windfall gains budgétaires ne fonctionnent que dans un seul sens. C'est pour cette raison que le gouvernement a réagi très vite en convoquant des réunions avec les grands importateurs et distributeurs et en l'espace de quelques jours une série de prix a baissé. Savez-vous ce que nous ont dit certains importateurs : que la baisse est tellement conséquente qu'ils vont perdre beaucoup d'argent et qu'ils se voient dans l'obligation d'attendent les prochaines cargaisons, car leur marge est de 8% alors que la baisse est de 15%. Je crois qu'il faut laisser jouer librement la concurrence qui ne peut que profiter au consommateur. D'ailleurs, vous avez vu comme moi se multiplier les dépliants annonçant les baisse des prix....

... il ne faut pas confondre promotion et baisse de prix, monsieur le ministre ! Changeons de sujet : comment peut-on parler de early harvest, du retour de la croissance alors que votre discours du budget fait état de l'existence de plus de 229 poches de misère et du fait que plus de 100 000 Mauriciens bénéficient du Food Aid ?

C'est une situation extrêmement difficile. Un article de The Economist de cette semaine dit que "poverty is difficult to define but is more difficult to eradicate". Il existe dans toutes les sociétés, même celles qui sont plus riches que la nôtre, des poches de pauvreté. Il ne faut pas faire de la politique ou du cynisme sur la pauvreté qui a trois définitions internationales. La première, celles des pays les moins avancés, est de 1 dollar par personne et par jour, - Rs 30 - ce qui fait 4 dollars pour une famille de quatre personnes - Rs 120. Il n'existe pas de Mauricien faisant partie de cette catégorie. La deuxième définition qui concerne les pays intermédiaires est de 2 dollars par personne et par jour. Nous avons 1,5% de la population mauricienne, ce qui fait environ 5000 familles...

... c'est un chiffre acceptable pour vous ?

Pas du tout. Mais il est du même niveau que ce qui existe en Angleterre et en France. La troisième définition pour les pauvres des pays riches concerne les familles qui touchent moins de 50% du revenu médiane. Appliquée à Maurice cette règle concerne les familles de quatre membres dont les revenus sont de Rs 10 000 par mois, qui sont au nombre de 26 000. De ces 26 000 familles, le Vulnerable Trust Fund en a identifié 7 150 qui entrent dans la catégorie des très pauvres qui ont a peu près Rs 100 par jour. Nous avons lancé un plan pour venir en aide à ces familles pour nous assurer que leurs enfants aillent à l'école dès le préprimaire, bénéficient d'équipement scolaire, de vêtements et d'un repas. Deuxièmement, nous allons former les parents pour un travail, nous occuper de leur trouver un logement social et leur fournir un accompagnement social. Nous allons lancer, à Bambous, pour la première fois dans un pays de la SADC, un village intégré pour 75 familles très pauvres. Nous avons budgété Rs 395 millions pour commencer ce projet qui sera complété par le secteur privé. Par ailleurs, nous allons essayer de diviser Maurice en 25 zones pour en confier la co-responsabilité aux entreprises qui font déjà du "corporate social responsibility" avec le concours des ONG très présentes sur le terrain. Je pense que si nous pouvons allouer les fonds nécessaires, nous pourrons au moins éliminer l'extrême pauvreté de Maurice.

Savez-vous que les Mauriciens de classe moyenne disent souffrir de plus en plus de pauvreté relative ?

Ce n'est pas tout à fait exact. Il y a 70 000 Mauriciens qui payaient l'Income Tax, ils ne sont plus que 35 000. Le manque à gagner est bien passé quelque part, non ? Si la classe moyenne paye moins d'impôts, elle ne peut pas être plus pauvre qu'avant.

Résumons les débats : vous avez présenté le meilleur budget compte tenu des circonstances économiques actuelles et jeté les jalons pour l'avenir.

Un avenir qui comporte de gros soucis : les risques d'une récession qui aurait des répercussions sur le textile et le tourisme. Il y a des risques d'inflation en raison de la flambée des prix de produits pétroliers et des produits d'alimentation et du coût du fret.

Je reviens à la première question de cet interview : n'êtes- vous pas plus à l'aise que pour les deux précédents budgets dans la mesure où même les députés de votre camp politiques ont été plus calmes cette année.

C'est vrai. Je vous le redis : toute la démarche s'insère dans un séquence. Quand vous avait épierré un terrain et commencé à semer, personne ne voit les résultats et le doute peut s'installer. Surtout quand l'opposition n'arrête pas de claironner que la réforme économique est vouée à l'échec.

Comment avez-vous accueilli la déclaration de votre colistière, Nita Deerpalsingh, selon laquelle le Budget 2008 n'était pas celui de Sithanen, mais celui de Navin Ramgoolam ?

Tout le monde sait que c'est un budget Sithanen. Mais il faut aussi savoir qu'aucun budget ne peut être conçu sans des discussions entre le Premier ministre et le responsable des Finances. Les trois derniers budgets sont ceux du ministre de l'Alliance sociale qui ont été discutés et approuvés par le Premier ministre. Entre qui existe un parfaite cohésion...

... plus parfaite que l'année dernière avec votre menace de démission suite à la nomination de Manou Bheenick à la tête de la banque de Maurice...

... je vous vois venir : vous tentez de semer un peu de zizanie...

... absolument pas. Je me contente de vous poser une question.

Je suis beaucoup plus relaxe parce que les fruits de la récolte sont maintenant visibles. Tant que les fruits n'étaient pas visibles, le doute était permis et je le comprends. Les périodes de transformation dans une société sont surtout difficiles pour la classe politique. J'avais une conviction : que le modèle économique mauricien était arrivé à expiration. Nous étions arrivés à la dernière gare et il était temps de changer de train. Certains avaient des doutes sur la solution de rechange proposée mais comme l'économie était malade, il fallait prendre des décisions. J'ai porté ma croix pendant deux ans et demi et aujourd'hui ça va beaucoup mieux.

Quel sera le montant de votre salaire avec le PRB ?

- Je ne le sais pas. D'ailleurs, je crois que tout le monde sait que j'étais mieux payé dans le privé quand je ne faisais pas de la politique active.

Donc, vous vous êtes sacrifié financièrement pour servir le pays.

C'est vrai, mais c'est un choix que j'ai fait en connaissance de cause, car je pense que je peux contribuer à l'avancement de mon pays.

Quel est votre mot de la fin de cette interview post-Budget 2008, Rama Sithanen, car vous faites désormais partie de ceux qui ont droit à ce titre ?

Je sens un peu d'ironie dans votre ton. J'ai subi beaucoup de critiques, souvent injustes, parfois indécentes, mais j'ai persévéré et le temps m'a donné raison. Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir une dame de ma circonscription qui m'a dit qu'il y avait une part pour tout le monde dans le budget....

... donnez-moi le nom de cette dame. Je connais au moins cinquante personnes qui auraient des choses à lui dire sur votre budget avec une part pour tout le monde !

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