Wednesday, February 18, 2009

Ethiopie: L'Etat se bat contre la crise financière intérieure

Auteur: Pana Press, 17/02/2009

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a ordonné un gel total des emprunts du gouvernement, mais le pays est toujours confronté à une importante crise avec des réserves en devises assez suffisantes pour couvrir seulement un mois et quelques jours.

Le gouvernement éthiopien, qui a précédemment fixé son emprunt public à 1,5% du Produit intérieur brut (PIB), tente de réduire l'emprunt national à zéro tout en contenant le flux monétaire sur l'économie à 0,8%.

Les mesures annoncées par le Premier ministre sont destinées à parer à une crise économique potentiellement dangereuse, déclenchée par la demande croissante du pays en produits importés face à la chute du volume des exportations et aggravée par la crise financière mondiale.

"La situation est moins sombre qu'elle a été décrite. Nous avons eu une pression inflationniste massive et il y a une pression importante sur la balance des paiements. Il fallait prendre des mesures sur le front monétaire, les marchés de devises et au plan fiscal", a déclaré M. Meles. Le taux annuel d'inflation s'élève actuellement à 45,6 pour cent.

L'Ethiopie, qui dépend principalement de ses exportations de café, de thé et de cuir, souffre d'une augmentation du niveau de ses importations, causée par la hausse des prix du pétrole brut, des engrais et d'autres céréales essentielles, face à une pénurie de l'afflux des devises.

La Banque nationale de l'Ethiopie (NBE), la banque centrale, a indiqué que les transferts d'argent de l'étranger ont augmenté de 19 pour cent au cours du dernier semestre, mais le Premier ministre souligne que le niveau de ces transferts aurait pû être plus élevé sans la crise financière mondiale.

"Le maximum que nous puissions faire est de s'assurer de réduire les emprunts du gouvernement qui représentent actuellement 1,5 pour cent du PIB à zéro pour réduire le déficit budgétaire. Le Fonds monétaire international (FMI) a applaudi à cette décision", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse.

L'Ethiopie a limité les prêts bancaires dans le cadre d'une mesure destinée à gonfler les réserves en devises. Ceci a été fait pour éviter la possibilité d'utiliser les taux d'intérêt bancaires comme l'autre instrument pour limiter les emprunts bancaires.

"On ne peut utiliser les taux d'intérêt pour régner sur l'économie. Il faut limiter les prêts bancaires" a soutenu le Premier ministre.

La NBE a pris des mesures pour limiter les prêts bancaires en demandant aux banques commerciales locales de tripler leurs besoins en réserves de 05 à 15 pour cent, a rapporté l'hebdomadaire économique, "Capital".

Ces mesures devraient également permettre de réduire la circulation des capitaux à moins de 20 pour cent, comparé à 23 pour cent à la fin de l'année fiscale précédente, a rapporté le journal.

Mais M. Meles a indiqué que l'objectif du gouvernement est de réduire la masse monétaire de 08 pour cent.

"La dernière crise du crédit n'est que le résultat de la politique de la NBE consistant à faire de la réduction de l'inflation sa priorité alors que le plus gros problème est la pénurie de devises et la dépréciation rapide de notre monnaie", a expliqué M. Meles.

Il a indiqué que la dépréciation de la monnaie locale, le birr, avait été décidée récemment pour soulager l'économie du déséquilibre entre les monnaies, en soulignant qu'une dépréciation rapide du birr pourrait également accélérer l'inflation.

Le FMI a accepté la dépréciation de la monnaie éthiopienne, qui a atteint son plus bas niveau de tous les temps à 11,46 contre le dollar américain en janvier, contre 9,15 en décembre.

Le FMI a accordé à l'Ethiopie 50 millions de dollars américains pour les politiques économiques qu'elle a prises pour stabliser l'économie locale et sortir le pays de la crise économique.

"Nous avons peut-être connu la tempête, mais elle est désormais derrière nous. C'est également l'opinion du FMI. Si le FMI est satisfait, nous pouvons être sûrs que les mesures sont efficaces. Nous espérons une inflation à un chiffre d'ici juin-juillet de cette année", a déclaré le Premier ministre éthiopien.