Wednesday, June 17, 2009

Dette des pays pauvres : un rapport réclame la mise en place d'un tribunal international

Deux collectifs d'associations françaises et belges réclament mercredi dans un rapport sur les "fonds vautours" la mise en place d'un tribunal international de la dette.

Dans un rapport intitulé "Un vautour peut en cacher un autre: les pays endettés face à leurs prédateurs", la plate-forme Dette et Développement (regroupant une vingtaine d'associations françaises dont le Comité catholique contre la Faim et pour le développement, Attac ou Sherpa) et le Centre national de coopération au développement (CNCD-Belgique) "soulignent l'urgence de créer un tribunal international de la dette et de protéger les dépenses essentielles des pays pauvres".

Ces associations soulignent que ces fonds spéculatifs "rachètent les dettes de pays pauvres à un prix extrêmement bas en vue de les contraindre par voie judiciaire à les rembourser au prix fort, engrangent des plus values colossales sur le dos des populations du Congo, de Zambie, du Pérou, d'Argentine ou du Nicaragua".

Elles pointent du doigt les responsabilités des pays riches, estimant notamment que "les justices française, anglaise ou américaine donnent systématiquement raison aux +fonds vautours+ contre les pays pauvres" et que l'argent que la France et les pays riches ont consacré aux allègements de dette se voit confisqué par des fonds privés au lieu de financer les dépenses sociales, comme annoncé".

Pour ces associations, la dette des pays pauvres est "une question à nouveau brûlante" alors que "les populations du Sud seront les principales victimes de la crise" financière actuelle et que la seule solution que leur propose le G20 est de "se réendetter auprès du FMI".

Avant la Conférence de l'ONU prévue fin juin sur la crise financière et les réponses à apporter pour les pays en développement, ces associations préconisent trois mesures clés: "la création d'un tribunal international de la dette pour que tous les créanciers soient sur un pied d'égalité", "la protection des dépenses vitales des pays pauvres qui doivent primer sur l'obligation de rembourser", "un plan d'aide d'urgence, sous forme de dons et de taxes mondiales, pour compenser l'impact de la crise".