Sunday, March 2, 2008

La Reunion: Ouest concassage racheté par Holcim

CLICANOO.COM | Publié le 1er mars 2008

En cédant le groupe Ouest Concassage à la société Holcim, Joël Narayanin va désormais se concentrer sur son pôle immobilier, après un quart de siècle d’activité dans le secteur de matériaux de construction. A travers cette transaction, Holcim-Réunion entend conforter sa position dans le BTP, à travers la maîtrise de la production de granulats et des produits béton.

“Pas de commentaire”, répond Andreas Rogenmoser quand on lui demande le montant de la transaction. Le PDG d’Holcim-Réunion semble vouloir faire mystère du prix de rachat du groupe Ouest concassage (GOC), qui n’a certainement pas été conclu pour une bouchée de pain. “La valeur de mon groupe a été fixée par des experts”, se contente d’avancer de son côté Joël Narayanin, avouant que les négociations qui ont débuté il y a près de huit mois n’ont pas toujours été faciles. “Mais à un moment, il a bien fallu accepter certaines concessions.” Et le gérant de GOC de se féliciter de la prise en compte de l’aspect humain permettant de préserver tous les emplois. “Aucun plan social n’est envisagé. Il n’y aura donc pas de licenciement. Au contraire, il pourrait même y avoir des créations d’emplois supplémentaires”, assure M. Narayanin.


La cinquantaine d’employés de GOC intègre donc Holcim-Réunion, dont l’effectif avant rachat était de 170 salariés. Le fabriquant de ciment, dont le chiffre d’affaires s’élève à environ 100 millions d’euros en 2007, vient donc de mettre le grappin sur la totalité des activités granulats, béton prêt à l’emploi, asphalte et blocs de la société, dont le siège se situe sur Cambaie. “Pour notre croissance externe, c’est une belle opportunité. Car ce groupe est une entreprise locale performante, dont les activités et les localisations sont complémentaires de celle du groupe Holcim”, souligne Andreas Rogenmoser.

HOLCIM SUR UN SECTEUR STRATÉGIQUE

En 2007, GOC a dégagé un chiffre d’affaires de près de 20 millions d’euros. La transaction permettra à Holcim - qui avait jusque là des dépôts et carrières dans le Nord et le Sud - de mieux maîtriser le marché du granulats et de lui assurer désormais une présence sur toute l’île. La production de GOC concentrée à Cambaie est de l’ordre de 400 000 tonnes. “Cette localisation géographique du gisement permet au groupe Holcim d’approvisionner ses centrales à béton du Port et de Saint-Leu”, précise M. Rogenmoser. Par ailleurs, Ouest concassage apporte “deux positions supplémentaires”, au travers de ses centrales à béton prêt à l’emploi, situées à Cambaie et à Bras Fusil, d’une capacité totale de 60 000 m3 par an. Dans l’Est, Holcim pourra ainsi augmenter sa capacité de production et étendre ses zones de livraison en se rapprochant du marché de Saint-Benoît. Dans l’Ouest, La proximité de la centrale de Cambaie avec les principaux axes routiers permettra au groupe d’accéder plus facilement aux chantiers de bâtiment et d’ouvrages d’art en cours et futurs. Le comité de direction de Holcim cite bien sûr la route des Tamarins, mais lorgne aussi vers la future route du littoral, le tram-train et le projet du “cœur de ville” à Cambaie… “La zone ouest est un bassin de développement en pleine expansion. Holcim se devait de renforcer ses positions sur ce secteur stratégique pour les activités granulats et béton prêt à l’emploi”, justifie-t-il.

L’offre proposée par Holcim sera complétée par l’asphalte dont la capacité de production est de 45 000 tonnes chez Ouest concassage. Sans oublier les blocs qui “seront utilisés pour pourvoir aux besoins internes en synergie avec l’activité précontrainte de Holcim”. Toutes les activités de GOC sont désormais sous contrôle du groupe Holcim.

Mais Joël Narayanin assure conserver la propriété du foncier. D’ailleurs, l’entrepreneur saint-paulois compte maintenant concentrer toute son énergie sur son portefeuille immobilier dont il avoue ne pas maîtriser le contenu. Il envisage ainsi de recentrer son activité sur les constructions, notamment dans le domaine touristique.