Sunday, November 9, 2008

L'ex-président Ndayizeye candidat à la présidentielle au Burundi

BURUNDI - 12 octobre 2008 - AFP

Le principal parti d'opposition burundais, le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), a désigné l'ex-président Domitien Ndayizeye comme son candidat à l'élection présidentielle prévue en 2010.

Sur 268 participants au Conseil des délégués nationaux, M. Ndayizeye a obtenu 86,5% des suffrages devançant dans l'ordre les deux autres prétendants Pierre Claver Nahimana et Rose Nduwayo.

"Le militant Domitien Ndayizeye a été choisi pour représenter le parti Frodebu à l'élection présidentielle de 2010", a annoncé la secrétaire générale de ce parti hutu, Euphrasie Bigirimana.

"J'avais renoncé à la politique après avoir quitté le poste de chef d'Etat en 2005. Après mon emprisonnement (en 2006) à la suite d'un montage fait par le pouvoir en vue de me nuire, j'ai été choqué et j'ai décidé de reprendre la politique", a déclaré le président Ndayizeye.

Le 15 janvier 2007, M. Ndayizeye, accusé d'avoir préparé un coup d'Etat et contre qui la prison à vie avait été requise, avait été acquitté après cinq mois de détention provisoire, au grand soulagement de la société civile scandalisée par cette affaire montée, selon elle, de toutes pièces.

"Mon but aujourd'hui est d'aider à ce que un tel montage ne puisse plus être organisé, c'est de travailler au processus de changement du pouvoir de la dictature à la démocratie", a-t-il poursuivi.

"Depuis la fin de la transition, il n'y a pas eu d'évolution positive. Plutôt que d'avoir la paix et la sécurité, les Burundais ont peur, plutôt que d'avoir le développement, les Burundais assistent au détournement et au pillage des richesses du pays", a lancé l'ancien président.

M. Ndayizeye a dirigé le Burundi de 2003 à août 2005, pendant une transition politique ayant conduit à des élections générales qui ont vu la victoire de l'ancien principal mouvement rebelle burundais, le Cndd-FDD, le Frodebu devenant la deuxième force politique du pays.

La Constitution du Burundi interdisait alors à M. Ndayizeye de se présenter aux présidentielles de 2005.

"Le président (Pierre) Nkurunziza devrait se présenter à sa propre succession (...) l'ancien président Ndayizeye est d'ores et déjà l'un de ses principaux concurrents", a réagi un diplomate en poste au Burundi, sous couvert d'anonymat.

Depuis 2006 et la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Bujumbura et le dernier groupe rebelle actif du pays, les Forces nationales de libération (FNL), le Burundi tente d'en finir avec une guerre civile débutée en 1993 et qui a fait 300.000 morts.

Cette guerre a opposé des mouvements rebelles hutus à l'armée, jusqu'à récemment dominée par la minorité tutsie.