Monday, January 25, 2010

Affrontements devant l'ambassade d'Egypte à Beyrouth

La décision du Gouvernement égyptien de construite un mur de séparation entre l’Égypte et les territoires palestiniens de Gaza enflamme les rues de Beyrouth au Liban et le web egyptien. Selon des rapports de presse, au moins trois personnes auraient été blessées ce matin, suite à des confrontations entre la police et des manifestants.

La blogosphère égyptienne s’agite à la vue d’images d’affrontements entre policiers et manifestants qui ont eu lieu ce samedi, plus exactement devant l’ambassade d’Egypte au Liban. Deux cents protestataires y auraient pris part.

L'organisation palestinienne « Chahed » avait déjà organisé le 16 janvier dernier, en collaboration avec les comités civils palestiniens et les clubs estudiantins, une manifestation symbolique devant l'ambassade d'Égypte pour protester contre le « rideau de fer » érigé par les autorités égyptiennes.

Rappelons que le journal israélien Haaretz avait révélé dans son édition du 9 décembre 2009 [ http://www.haaretz.com/hasen/spages/1133749.html ] que l’Egypte a engagé la construction d’un mur de séparation avec les territoires palestiniens de Gaza. Le mur égyptien fera environ 10 kilomètres de long qui sera « impossible à couper ou à faire fondre ». Sa construction a déjà commencé et de grandes feuilles d’acier seront par la suite enterrées dans le sol à une profondeur allant jusqu’à près de 20 mètres [55 pieds]. Le tout sera installé avec un équipement sophistiqué de surveillance comprenant des appareils-photo pour l’infrarouge et thermoguidés… La France est associée à ces travaux … Lors d’une visite d’inspection, le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga a été des plus élogieux sur l’opération. « Examinant ce qui est en train de devenir, selon les mots du président Nicolas Sarkozy "la plus grande prison du monde", le général Puga s’est félicité de l’avancement des travaux d’encerclement. Il a déclaré qu’il s’agissait là de "la plus grande opération de l’Histoire" visant à couper des souterrains et qu’elle pourrait servir de modèle dans d’autres régions du monde. » [ http://www.voltairenet.org/article163396.html ].

Comme le constate Wendy Brown, professeur de sciences politiques à l'université de Berkeley, depuis que le Mur de Berlin est tombé, de "nouvelles barrières politiques ont surgi partout à l’horizon". Outre celui entre les Etats-Unis et le Mexique, un des plus célèbres est celui construit par les Israéliens en Palestine.

Mais le phénomène semble se généraliser. L’Afrique du Sud s’est dotée d’une barrière de sécurité électrifiée sur sa frontière avec le Zimbabwe. L’Arabie Saoudite bâtit des murailles à ses frontières avec le Yémen et l'Irak. D’autres barrières isolent l’Inde du Pakistan, du Bangladesh et de la Birmanie. L’Ouzbékistan a également clôturé sa frontière avec le Kirghizistan en 1999, et celle avec l’Afghanistan en 2001; le Turkménistan en fait autant avec l’Ouzbékistan. Le Bostwana a construit une clôture électrifiée sur sa frontière avec le Zimbabwe. La Thaïlande et la Malaisie ont convenu de dresser entre leurs deux pays une frontière de béton et d’acier. La Corée du Sud a dressé un mur infranchissable face à la Corée du Nord tout comme le Maroc face au Polisario du Sahara Occidental.

Pour ajouter à la controverse, de vifs débats secouent actuellement le monde arabe au sujet de la fatwa jugée par beaucoup « scélérate » émise par le Cheikh Mohamed Tantawi, leader du conseil de recherche Islamique de l’Université d’Al-Azhar e légitimant, d’un point de vue islamique, la construction de la barrière métallique anti-tunnels entre l’Égypte et la bande de Gaza.

Ils en parlent :

Voir aussi la video sur : Police face protesters outside Egyptian embassy in Beirut.
Et des photos sur FLICKR.