Tuesday, September 28, 2010

Zimbabwé / Les É.-U. exhortent le gouvernement de transition à respecter les droits de l’homme

WASHINGTON, 28 septembre 2010/African Press Organization (APO)

Le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, et d’autres hauts responsables américains ont déclaré à des représentants du gouvernement de transition du Zimbabwé, lors d’une réunion aux Nations unies le 23 septembre, qu’ils devraient dénoncer les violations des droits de l’homme au Zimbabwé, observer les normes internationales dans ce domaine et avancer sur le plan politique de manière à favoriser une très nécessaire reprise économique.

La délégation des États-Unis à cette réunion a souligné en outre que les sanctions américaines ciblées contre le Zimbabwé resteraient en vigueur contre les personnes et institutions qui continuaient de nuire aux institutions démocratiques et de violer les droits de l’homme, ou de tirer profit de ce genre d’activité.

La sous-secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines, Mme Susan Page, a exposé à la presse les grandes lignes de la réunion lors d’une téléconférence de presse par téléphone. Participaient également à la réunion la directrice des affaires africaines au Conseil national de sécurité, Mme Michelle Gavin, et le sous-secrétaire d’État adjoint à la démocratie, aux droits de l’homme et au travail, M. Daniel Baer.

Mme Page a indiqué aux journalistes que, pendant la réunion, M. Carson « a longuement parlé des violations des droits de l’homme, des saisies de terres et en particulier de l’arrestation de femmes qui manifestaient pacifiquement au sujet du processus constitutionnel ». De plus, la délégation a invité les autorités zimbabwéennes à « dénoncer ce genre d’abus, ne pas rester silencieux ».

Interrogée au sujet des sanctions contre le Zimbabwé, Mme Page a indiqué que les États-Unis rejetaient l’assertion selon laquelle les sanctions américaines auraient eu un sérieux effet global sur l’économie zimbabwéenne ou sur les conditions de vie de la population. « Ces sanctions sont ciblées. Elles ne visent que certains individus et quelques institutions qui sont responsables, selon nous, de la politique et des mesures qui ont conduit au déclin économique et politique du Zimbabwé. »

Les États-Unis, en fait, révisent régulièrement leurs sanctions, a-t-elle poursuivi. « Nous les levons pour les personnes et institutions lorsque nous pensons que celles-ci ne posent plus de problème de ce genre. À vrai dire, toutefois, tant que dureront ces violations des droits de l’homme, ce manque de respect envers les droits civiques et politiques du peuple zimbabwéen, tant que cela durera, nous ne pourrons vraiment pas lever les sanctions simplement parce que les gens pensent que nous sommes la cause de leurs difficultés. Nous encourageons les Zimbabwéens à s’interroger sur eux-mêmes et à faire face aux problèmes qu’ils se sont attirés. »

Selon Mme Page, les sanctions américaines portent sur des interdictions de déplacement et sur des gels d’avoirs et s’appliquent à 244 particuliers, institutions ou entreprises.

Qualifiant la rencontre à l’ONU de « très cordiale, très agréable », la haute responsable a voulu corriger l’idée erronée, le « mythe » selon lequel « nous aurions subitement repris le dialogue avec le Zimbabwé ». Elle a déclaré qu’en fait, « nous n’avons jamais rompu le dialogue avec le Zimbabwé. Nous avons de pleines relations diplomatiques avec ce pays. Il a un ambassadeur chez nous, et nous en avons un chez lui. Nous avons un programme d’aide très important au peuple zimbabwéen. Nous avons toujours été à l’écoute, prêts à organiser des réunions pour essayer de faire avancer nos relations, et nous nous réjouissons d’avoir pu organiser celle-ci. Il ne s’agit donc pas de rétablir le contact. Le contact est continuel. »

L’aide des États-Unis au Zimbabwé, l’an dernier, a totalisé 300 millions de dollars au titre des services de santé, de l’adduction d’eau potable, de l’enseignement, de l’agriculture, de la protection sociale et d’un gamme d’autres services essentiels, conformément aux priorités du nouveau gouvernement de transition. En juin 2009, le président Obama s’est engagé à verser une aide supplémentaire de 73 millions de dollars dans la lutte contre le sida et en faveur de la démocratie et de la bonne gouvernance.

SOURCE: US Department of State